Voici une admirable leçon pour tous ceux qui ont été trompés par leur partenaire. Ceux qui l’ont vécu savent à quel point ce peut être souffrant et pénible. Mais si vous faites parti de ceux-là, ne vous inquiétés pas. Ce n’est pas la fin du monde, comme le démontre cette histoire.

Le mari de cette femme l’a laissée seule avec sa fille. De toute évidence, elle était dévastée et se demandait comment elle allait faire pour élever seule sa fille. Voici ce qu’elle a raconté :

« Quel âge as-tu ? », a demandé une femme à ma fille, Mélissa, à l’occasion d’une fête d’enfants il y a 6 ans. « Deux », a-t-elle répondu. « Et es-tu mariée ? », a poursuivi la dame en riant.

« Non !!! », a répondu ma fille avant de prendre un air sérieux et d’ajouter, « Mais ma maman elle l’était, et mon papa aussi ! »

J’étais à la fois surprise et inquiète de ce qui allait suivre. Allait-elle dire à cette femme que ses parents étaient divorcés ? Allait-elle pleurer ? Mais non, elle a plutôt ajouter, « Ma maman était mariée avec mon papa ! »

Vingt mois plus tôt, quand Mélissa n’avait que 6 mois, mon mari m’a jetée comme une paire de vieilles chaussures pour me remplacer avec son amour de jeunesse. Sans explication aucune. Juste un affreux silence qui mettait fin à ce qui semblait être un mariage heureux. Les mois qui suivirent furent difficiles. Me lever le matin, préparer ma fille pour la garderie avant de refouler mes pleures et sanglots en me tuant à l’ouvrage pour oublier. Il y a des journées où je ne pensais pas y arriver tellement le deuil de cette relation était pénible. Le soir, après avoir couché ma fille, je me trainais jusqu’au lit et je téléphonais à n’importe qui simplement pour sentir que je n’étais pas seule, pour tuer la solitude nouvelle.

Puis les jours ont passé et j’ai réalisé que même si mon mariage était mort, moi j’avais survécu. Et tranquillement, je me suis remise à vivre, j’ai joint un groupe de support, je me suis fais un nouveau réseau amical, j’ai même recommencé à fréquenter des hommes. Et durant tout ce temps, Mélissa grandissait. Et même si ses parents étaient divorcés, elle était une grande fille heureuse et épanouie.

Très jeune, elle avait déjà développé un vocabulaire plutôt évolué pour son âge. À 22 mois, en voyant son père et moi se chicaner, elle avait lancé en pointant le doigt, « Ne soyez pas si fâchés, soyez heureux ! », avant de me dire plus tard de « ne pas m’inquiéter ». Mais c’était plus fort que moi. Je m’inquiétais pour tout, de la place que cette nouvelle femme prendrait dans la vie de ma fille, si je trouverais moi aussi un homme pour montrer à ma fille un autre type de relation que celle tumultueuse que j’avais eu avec son père, que l’amour était possible. Je m’inquiétais en pensant qu’elle serait peut-être une enfant unique ou, pire, qu’elle aurait des demi-frères ou sœurs issus de l’union de son père avec cette autre femme.

Pourrais-je endurer cela ? Pourrais-je prendre assez de recul pour accepter la nouvelle vie de son père et montrer à ma fille que ce ne sont pas toutes les relations qui finissent dans la douleur ? J’ai essayé. Je me suis refais une vie, j’ai rencontré des gens qui rendaient mon quotidien intéressant, je me suis à nouveau intéressée aux relations publiques, je me suis mise à confectionner de jolis bijoux pour m’occuper et m’amuser. J’ai appris à apprécier mes jours de congé et j’ai passé de bons moments avec ma fille.

La tête claire, le corps en santé suite à mes entraînements répétés, j’ai recommencé à sortir et fréquenter des hommes. Après mon premier langoureux baiser, je me suis sentie revivre ! Aujourd’hui, 8 ans après mon divorce, je travaille fort pour offrir à Mélissa tout ce dont elle a besoin. Je l’aide à atteindre ses buts, je l’aide face aux problèmes qu’elle rencontre, je lui apprends plein de chose comme écrire en lettres attachées ou faire du ski.

Mon cœur est rempli de fierté chaque fois que je rencontre un de ses professeurs qui me dit à quel point Mélissa est intelligente et a confiance en elle. De mon côté, je m’en tire bien. Je me suis remariée avec un homme qui m’apporte la stabilité dont j’ai besoin. Je suis reconnaissante pour cette nouvelle union et surtout pour Mélissa qui adore son beau-père et sa nouvelle grande sœur.

Mais malgré tout, le divorce que j’ai vécu n’a jamais vraiment quitté. Son père a finalement quitté l’autre femme il y a quelques années et je craignais de voir qui il choisirait pour la remplacer à son tour. Je lui ai donc présenté une femme que je connaissais et aimais et ils sont aujourd’hui mariés ! Quand Mélissa est avec eux, je me dis que je la perds seulement pour quelques temps, qu’elle reviendra.

Il y a 6 ans, Mélissa regardait « La petite sirène » et a applaudi à la fin quand Ariel et le prince Éric se sont mariés. Mais quelques secondes plus tard, elle a enlevé ses écouteurs et les a lancés sur la table. J’étais troublée et je lui ai demandé si elle réagissait ainsi car son père et moi n’étions plus mariés ?

« Non maman ! Ces écouteurs me font mal aux oreilles. Désolée. » Puis elle est retournée jouer. Ce jour-là, j’ai finalement compris la leçon : il y a une vie après le divorce ! Il y a tellement de beauté dans cette petite fille. Elle va être correcte. Nous allons tous être bien. Ne pas trop s’en faire et être heureux, voilà tout ce qui importe !

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