« S’il vous plaît aidez-moi j’ai un bébé », hurle la voisine des suspects à la police

TÉMOIGNAGE – Sabrine habite juste en dessous de l’appartement des suspects contre lequel la police a lancé l’assaut ce mercredi à 4h30, dans le centre de Saint-Denis, cinq jours après les attentats de Paris. Elle raconte les tirs, les explosions et la peur.

Elle a été aux premières loges, à son corps défendant, de l’assaut des policiers ce mercredi matin à Saint-Denis. Sabrine habite avec son fils l’appartement situé juste en dessous de celui dans lequel s’étaient réfugiés des suspects des attentats de Paris, et notamment peut-être le cerveau présumé, Abdelhamid Abaaoud. Elle a été réveillée aux alentours de 4h30 par des explosions et des tirs. Encore bouleversée mais heureuse d’être encore en vie, elle raconte sur RMC: « Je me suis réveillée avec une explosion. Après cela n’a été que des coups de feu, de la lumière, ça tirait de partout. Les terroristes tiraient et les policiers tiraient. Il y avait des fusillades, des explosions, on ne savait pas où donner de la tête. Mon fils et moi on était en panique ».

« Mon premier réflexe cela a été de prendre mon fils et de me coucher par terre avec lui pour essayer de le protéger. C’est la seule chose que je pouvais faire. J’étais vraiment en panique, je n’arrêtais pas de crier : ‘s’il vous plaît si vous êtes de la police aidez-moi j’ai un bébé’. Mais ça tirait, ça tirait tout le temps ! »

« Des fusillades, des explosions… »

« La poussière tombait du plafond On avait déjà un problème au plafond, et les fusillades et les explosions l’ont encore plus troué », poursuit-elle. Dans l’assaut, il s’est en effet effondré sur son appartement. Par chance, elle a pu être évacuée avec son enfant par les policiers avant que le sol ne se dérobe sous les suspects. « Heureusement, parce que j’ai des problèmes de cœur, et j’ai cru que j’allais mourir. Il y avait un vieux monsieur sur le palier, et lui aussi a été évacué par la police ».

« Je n’ai jamais vu personne dans cet appartement »

Sabrine venait tout juste de poser ses affaires, depuis deux semaines, dans cet appartement du centre de Saint-Denis. Un immeuble délabré. Jamais elle n’aurait soupçonné la présence d’individus dangereux et suspectés d’avoir participé aux attentats ou à leur préparation au-dessus de chez elle. « Je ne savais pas. Je n’ai jamais vu personne. Pour moi, personne n’habitait en haut. Il n’y avait personne, répète-t-elle. L’appartement (des suspects) était vraiment dégueulasse et inhabitable. Il y avait des poteaux pour tenir le plafond ». Elle soupire : « Je n’arrive pas à croire que je suis encore là »

 

 

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