Le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats de Paris, est la cible de l’assaut à Saint-Denis mercredi matin. On ne sait pas dans l’immédiat si cet homme de 28 ans, que l’on le disait jusque là en Syrie, se trouve sur place.

Traqué en Seine-Saint-Denis alors qu’on le croyait en Syrie. L’organisateur présumé des attentats de Paris, le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, est la cible de l’assaut en cours mercredi matin à Saint-Denis, au nord de Paris, ont indiqué des sources policière et proche de l’enquête mercredi.

On ne savait pas dans l’immédiat si cet homme de 28 ans, membre actif de l’organisation jihadiste Daesh (l’acronyme en arabe de l’Etat islamique) en Syrie, était dans l’appartement de Saint-Denis où sont encore retranchés un ou deux suspects. Déjà soupçonné d’avoir commandité des attentats projetés en Belgique, Abdelhamid Abaaoud est recherché depuis janvier.

Les enquêteurs français et belges « n’excluent pas » qu’il soit « l’inspirateur » desattentats de Paris qui ont fait 129 morts et 352 blessés vendredi 13 novembre et ont été revendiquées par Daesh. Le suspect-clé dans ces attaques, Salah Abdeslam, qui a de fortes attaches lui aussi à Molenbeek et qui est activement recherché, ainsi que son frère Brahim, qui s’est fait exploser dans l’Est parisien, connaissaient Abaaoud. Ils apparaissent tous les trois dans des dossiers criminels de droit commun en Belgique.

On le croyait être en Syrie

On disait jusqu’ici Abdelhamid Abaaoud vivre en Syrie. Membre très actif de Daesh, il y nargue les polices européennes depuis des années. Né en 1987 dans la commune bruxelloise de Molenbeek, Abdelhamid Abaaoud se fait appeler Abou Omar Soussi, du nom de la région du sud-ouest du Maroc dont sa famille est originaire, ou Abou Omar al-Baljiki (Abou Omar « le Belge »).

C’est loin d’être la première fois que le nom d' »Abou Omar al-Baljiki » émerge. Il avait fait la une des journaux belges début 2014 après avoir emmené en Syrie son petit frère Younes, 13 ans, surnommé « le plus jeune jihadiste du monde » par certains médias.

Il aurait rejoint en Syrie d’autres combattants belges, rassemblés dans une brigade d’élite de l’organisation jihadiste Daesh. Il apparaît, fine barbe et bonnet de style afghan sur la tête, dans une vidéo de l’organisation jihadiste où il se vante de commettre des atrocités, s’adressant goguenard à la caméra alors qu’il conduit un véhicule qui tire des cadavres mutilés vers une fosse commune.

Localisé en Grèce en janvier

Celui qui est devenu le plus connu des quelque 500 Belges partis combattre en Syrie ou en Irak est surtout lié à la « cellule de Verviers ». Le 15 janvier, une semaine après les attentats de janvier à Paris, la police belge avait donné l’assaut dans une maison de cette ville de l’est de la Belgique, tuant deux de ses occupants, qui selon les enquêteurs s’apprêtaient à commettre des attentats contre les forces de l’ordre.

Abaaoud n’est alors pas sur place. Mais début février, il revendique avoir « planifié » ces attentats déjoués de justesse dans une interview que lui attribue Dabiq, le magazine du groupe Etat islamique (EI). « Nous avons finalement réussi à rejoindre la Belgique. Nous avons alors réussi à obtenir des armes et à établir une planque tout en planifiant de mener des opérations contre les ‘Croisés' », se flattait-il.

Selon la presse belge, Abaaoud avait été localisé en Grèce en janvier, d’où il communiquait avec les deux jihadistes tués à Verviers. Un coup de filet à Athènes n’avait pas permis de l’arrêter. « J’ai pu partir et venir à el-Cham (qui désigne en arabe la Grande Syrie ou sa capitale Damas, Ndlr) malgré la chasse menée par tant de services de renseignement », se félicitait-il dans Dabiq.

Si aucun élément matériel n’est apparu jusqu’à présent en procédure pour accréditer la thèse d’un acte commandité ou d’un mot d’ordre formels, une coïncidence est toutefois troublante. Un jeune jihadiste français interpellé le 11 août à son retour de Syrie, avait raconté en garde à vue avoir reçu comme consigne de commettre un attentat, « dans l’idéal » lors d’un concert. Il avait désigné Abaaoud comme son donneur d’ordre.

En juillet, Abdelhamid Abaaoud a été condamné à Bruxelles, en son absence, à 20 ans de prison dans un procès sur les filières de recrutement de jihadistes belges pour la Syrie.

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